À 189 ans de l’occupation illégale des Îles Malvinas
Aujourd’hui marque les 189 ans de l’occupation illégitime des Îles Malvinas. Le 3 janvier 1833, les îles Malvinas ont été occupées illégalement par des forces britanniques qui ont expulsé la population et les autorités argentines y établies légitimement.
Les Îles Malvinas ont fait partie des domaines sous la juridiction de l’Espagne depuis l’entrée en vigueur des premiers instruments internationaux qui ont délimité le « Nouveau Monde » peu après la découverte en 1492. Dès le début du XVIème siècle, et pendant la plupart de celui-ci, seulement les navigateurs au service de l’Espagne ont parcouru les routes maritimes au long de la côte sud-américaine, vers le sud, à la recherche du passage interocéanique. C’est grâce à cette avancée que s'est produite la découverte des Îles Malvinas par des membres de l’équipage de l’expédition de Magellan en 1520. Dès lors, elles ont été dessinées sur la cartographie européenne sous différents noms et ont été comprises dans les espaces sous contrôle effectif des autorités espagnoles. Toute la région australe de l’Amérique, ainsi que ses côtes, ses mers et ses îles, sont restées incontestablement préservées sous la souveraineté espagnole à travers divers traités souscrits pendant cette période, tel que le Traité de Madrid de 1670, entre l’Espagne et l’Angleterre et le Traité d‘Utrecht de 1713.
La succession de gouverneurs espagnols sur les Îles Malvinas, qui a atteint le nombre de 32, n’a pas eu d’interruptions depuis 1767 et jusqu’à l’an 1811, prenant fin en raison de la récente Guerre de l’indépendance. Dans le cadre de ce conflit, les premiers gouvernements nationaux des Provinces Unies [Provincias Unidas] ont continué à exercer l’administration des Îles Malvinas, qu’ils considéraient comme faisant partie de son territoire, hérité de l’Espagne, par succession d’États selon le principe uti possidetis juris de 1810.
En 1820, le Colonel de l’armée au service de la marine David Jewett, a hissé pour la première fois le drapeau argentin sur les îles Malvinas et a procédé ainsi à la prise de possession solennelle des Îles Malvinas au nom des Provinces Unies du Río de la Plata. Le gouvernement argentin a également établi des normes et des structures juridiques et administratives qui ont consolidé le plein exercice de sa souveraineté, y compris la promotion du développement des activités commerciales et l'établissement d'une population, ce qui s'est achevé à la création, le 10 juin 1829 du Commandement politique et militaire des Îles Malvinas et de celles adjacentes au Cap Horn.
Toutefois, le 3 janvier 1833, ledit exercice effectif de la souveraineté s’est vu interrompu par un acte de force du Royaume-Uni, qui a occupé les îles de manière illégale en chassant les autorités argentines légitimes y installées, et il y a installé des nationaux britanniques afin de peupler les Îles et dès lors, des mesures restrictives ont été imposées visant à réduire et à éviter l’établissement du peuple argentin sur les Îles Malvinas. Cet acte de force de 1833, qui a eu lieu en temps de paix et sans communication ni déclaration préalable de la part d’un gouvernement ami de la République Argentine, a immédiatement été rejeté et contesté et à partir de ce moment tous les gouvernements argentins ont réaffirmé de manière permanente ses droits de souveraineté légitimes et imprescriptibles sur les Îles Malvinas, Géorgies du Sud et Sandwich du Sud et les espaces maritimes environnants.
L'existence du différend sur la souveraineté entre la République Argentine et le Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord a été reconnue par l’Assemblée générale des Nations unies en vertu de la résolution 2065 (XX) adoptée en 1965. Ladite résolution, adoptée sans aucun vote négatif, et dans le but de mettre fin au colonialisme sous toutes ses formes et manifestations, consacre l’appel de la communauté internationale à procéder immédiatement aux négociations bilatérales entre le Royaume-Uni et l’Argentine permettant de retrouver une solution pacifique au différend de souveraineté tenant compte des intérêts des habitants des Îles.
Conformément à la Résolution susmentionnée, depuis 1966 et pendant 16 ans, les deux pays ont mené des négociations pour trouver une solution au différend de souveraineté. Cependant, malgré les innombrables invitations de l'Argentine et l'exhortation des Nations Unies, le Royaume-Uni refuse systématiquement de reprendre les négociations de souveraineté.
La communauté internationale a réitéré le besoin de reprendre les négociations bilatérales dans les plus brefs délais, ce qui a été consigné dans 10 résolutions de l'Assemblée générale et 39 résolutions du Comité spécial des Nations Unies sur la décolonisation et dans de nombreuses déclarations d'instances régionales et multilatérales, telles que l'OEA, le G77 plus la Chine, le MERCOSUR, le Sommet ibéro-américain, la CELAC, le SICA, le PARLASUR, le PARLACEN, le Forum de coopération Amérique du Sud-Afrique (ASA) et le Sommet Amérique du sud- pays arabes (ASPA).
Le refus britannique de se conformer à l'obligation de reprendre les négociations de souveraineté est aggravé par l'introduction continue d'actes unilatéraux par le Royaume-Uni. Ces actions comprennent l'exploration et l'exploitation des ressources naturelles renouvelables et non renouvelables - ce que l'Argentine a toujours rejeté, ainsi qu’une présence militaire injustifiée et disproportionnée sur les Îles. Tous ces actes sont contraires à la résolution 31/49 de l'Assemblée générale des Nations unies et ont suscité des multiples expressions de souci et de condamnation de la part de la communauté internationale.
L’Argentine remarque avec souci, que des politiques migratoires restrictives sont encore exercées actuellement, et qu’elles limitent la possibilité d'établir résidence, d'acquérir des terres, d’être embauché, ou d’entamer des activités commerciales ou professionnelles sur les Îles Malvinas, notamment par rapport aux argentins provenant du territoire continental.
Le Gouvernement réaffirme encore une fois le fort engagement de tous les gouvernements démocratiques envers la solution pacifique du différend et dans le plein respect du droit international et des intérêts des habitants des Îles.
Cette année, la résolution 37/9 de l’Assemblée générale des Nations unies, adoptée le 4 novembre 1982, a 40 ans. Elle a été adoptée quelques mois après la fin du conflit de l’Atlantique sud, ce qui n’a pas modifié la nature du différend de souveraineté, tel qu’il en découle de ladite résolution. À travers cette résolution, les Nations Unies demandent encore une fois, aux Gouvernements de l’Argentine et du Royaume-Uni de la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord, de reprendre les négociations afin de trouver dans les plus brefs délais une solution pacifique au différend de souveraineté concernant la question des Îles Malvinas et demandent au Secrétaire général que, sur la base de cette résolution, il engage une mission renouvelée de bons offices dans le but d’aider les parties.
L’Argentine réaffirme sa disposition à reprendre les négociations avec le Royaume-Uni conformément aux appels répétés de la communauté internationale, dans le même esprit constructif que celui des années suivant l'adoption de la résolution 2065 (XX), période pendant laquelle les deux parties ont mis en marche les mécanismes de négociation établis par ladite Résolution.
De même, la République Argentine réitère sa demande au Secrétaire général de l’ONU de renouveler les efforts pour l'accomplissement de la mission de bons offices que l’Assemblée générale lui avait confiée à travers des successives résolutions. Ledit mandat a été souligné dans des déclarations faites par plusieurs Chefs d’État et de Gouvernement des pays hispano-américains, ainsi que lors des déclarations des Chefs d’État et des Chefs de Gouvernement de la Communauté d’États Latino-Américains et des Caraïbes (CELAC) et des communiqués conjoints des Présidents d’État faisant partie du MERCOSUR et des États Associés, afin de reprendre les négociations visant à retrouver dans les plus brefs délais une solution pacifique audit différend.
À 189 ans de l’usurpation des Îles Malvinas, le Gouvernement et le peuple argentin réaffirment encore une fois leurs droits de souveraineté légitimes et imprescriptibles sur les Îles Malvinas, Géorgies du Sud et Sandwich du Sud et les espaces maritimes environnants. La récupération du plein exercice de la souveraineté sur les Îles Malvinas, Géorgies du Sud, Sandwich du Sud et les espaces maritimes environnants, conformément aux principes du droit international tout en respectant le mode de vie de leurs habitants est un objectif permanent et imprescriptible du peuple argentin, tel qu’il est établi par notre Constitution nationale et elle constitue une politique d’État.
Buenos Aires, le 3 janvier 2022